L’emprise c’est l’idée de force, de puissance et de domination qui prime dans la relation…

… «quelque chose» de plus fort que soi que l’on arrive pas à quitter et qui fait en général souffrir. En psychanalyse, la recherche de la liberté de la personne est à la base du travail thérapeutique.

La relation d’emprise est possible lorsqu’il y a un besoin à la place d’un désir. Il s’agit d’un trouble d’attachement qui va créer une dépendance affective et qui va faire que la personne est la proie du pervers narcissique ou dans une relation toxique, il est donc nécessaire de comprendre son fonctionnement propre pour arriver à sortir de la spirale infernale de la répétition. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Répondre à cette question vous permettra de vous découvrir en tant que sujet et non plus objet de vos relations. L’emprise renvoie à la dimension psychoaffective.

La relation toxique

La relation avec une personne toxique est difficile. conditionnement révolte acceptation

Elle entraîne un isolement et un état de dégradation du Moi qui s’écroule devant les injonctions paradoxales, les dévalorisations, la honte, la peur de perdre aussi. Perdre l’autre portant bourreau, perdre ses enfants quand il y en a. Partir oui mais ce n’est pas simple. On se dit que cela peut encore encore s’arranger avec le temps. Et puis on a peur. Ça rend fou.

Aimer n’est pas souffrir…. Aimer c’est pouvoir rester libre.

Le trouble de l’attachement

Entre masochisme et désir de vivre en tant que sujet. Le trouble de l’attachement est souvent évoqué en psychothérapie et est au cœur du problème de la relation toxique. Le problème n’est pas l’autre mais vous… vous qui donnez à l’autre ce pouvoir que vous voulez bien lui donner. Travailler sur les bénéfices secondaires de ce lien à la souffrance est indispensable. L’emprise est liée au manque et le manque à la dépendance mais aussi à la dévalorisation, l’humiliation, la violence morale, verbale, physique.

emprise-parents-alcool-perversion

« Petite quand je disais non à mes parents ils me disaient que je ne le disais pas assez fort. Écrasée. Un chemin de vie boulet au pied qui débute sans que l’on ne m’ait  jamais écouté. Critiquée oui, beaucoup, mais jamais écoutée. Je continue à obéir, à me taire puisque l’on ne m’a jamais permis de dire « non », de dire « je ». Je ne suis qu’objet. Pour ne pas être rien, parce qu’on ne peut pas être rien, alors je deviens ce qu’ils veulent de moi. Je deviens le désir du pervers ».

Il y aura ces longues premières séances, vides de vie, pleines de lui, on ne parle d’ailleurs que de lui, puissant, cynique et sa souffrances, ces humiliations en boucle. L’impasse est là. J’écoute. J’écoute la peur sans les larmes.

La perversion

subir les perversions

Tout ne tient qu’à un fil, quels mots dire et ne pas dire ? Je ne force rien, je suis le rythme. J’ai peur bien sûr car elle est en danger physique, je sais qu’il va comprendre qu’elle va partir bientôt. Elle avait déjà passé outre le cap du viol, dissociée, une bulle comme elle dit. Les « relations » sexuelles sont sous contrainte puisque son « non » n’est jamais assez fort. La bulle devient sa prison, la force de son isolement son cachot. Elle commence à préparer son départ. Il est imaginaire encore. Pour aller où ? Et il est arrivé cette séance improbable ce clic, ce déclic, ce crac, ou elle évoque son histoire personnelle, il n’est plus question de lui dans le discours mais d’elle. Elle symbolise, donne sens, fait le lien. Je l’écoute encore, elle se sent entendue, elle se sent exister, elle n’est pas jugée, je l ‘« autorise » tacitement à s’exprimer, faire sortir l’émotion par les mots séance après séance. Elle insiste sur ce nom jugement qui va lui permettre de s’autoriser enfin sans culpabilité. Hier j’ai assisté à une naissance…

En consultation  individuelle ou avec le groupe de parole, reprenez le contrôle de votre vie.

Le groupe de parole est un outil thérapeutique qui a pour but de pouvoir permettre à la parole et aux émotions de se libérer ainsi qu’une prise de conscience plus rapide par rapport à l’écoute du récit des autres de sa propre problématique et de ses blocages. L’art thérapie et l’hypnose de groupe font partie de cet atelier.

L’addiction, c’est un acte compulsif, une vérité trop souvent déniée.

Le Moi est en état de dépendance et la distinction entre le besoin et le désir n’est plus possible. C’est un moyen de décharge ainsi que d’excitation. Le somatique et le pulsionnel sont imbriqués au service de la pulsion de mort, répétitive et mortifère. L’addiction, c’est très souvent la mélancolie et un état de dépression. La honte. C’est ce qui comble le manque, c’est ce qui entrave la liberté, c’est ce qui détruit l’entourage. C’est ce qui détruit la vie.

Alcoolisme …la sécurité vient de l’intérieur de soi

d’un objet extérieur. Pas d’une bouteille d’alcool, qui remplit. Oui, il y a un confort à rentrer chez soi, rentrer dormir dans son lit. Avant, il y avait le confort des bars de la rue, le travail, avant de rentrer, pour ne pas rentrer, puisque l’extérieur et l’intérieur n’étaient pas différenciés. Il n’y avait pas d’intérieur puisque pas de notion d’intérieur. Les limites n’existaient pas, et puisque les limites n’existaient pas, tout était hors limite. Une bulle autour de soi pour faire une frontière entre l’intérieur et l’extérieur, c’était une bulle addictive. Tout était recherché pour remplir ce qui ressemblait à une passoire puisqu’il n’y avait pas de limite. Et séance après séance, l’écorce du Moi se crée. De fil en aiguille le Moi se renforce. L’intérieur et l’extérieur se différencient, comme un bébé sortant du ventre de sa mère qui découvre mois après mois que sa peau n’est pas celle de sa mère. Que son nouveau monde est juste à l’envers, le lit conjugal remplace la bulle des cuites, la fière remplace la honte, le sport régulier remplace la routine des bars, le travail devient agréable. Une nouvelle planète où il y a un extérieur et un intérieur. Le principe de plaisir se délocalise. Home Sweet home….. Bien sûr il ne saurait pas être question de devenir Narcisse qui à l’inverse, a tout en lui. C’est en éprouvant la sécurité intérieure d’un Moi suffisamment bordé qu’il sera désormais alors possible d’affronter le hors de soi sereinement.

Addictions ? Limites posées ou pas ?

Freud évoque la perte de la réalité dans la névrose et la psychose. « Le névrosé se détourne de la réalité, parce qu’il la trouve intolérable, dans sa totalité ou en partie. Le type le plus extrême de cette façon de se détourner de la réalité nous est proposée par certains cas de psychose hallucinatoire.» ( FREUD S., 1911, « Formulations sur les deux principes du cours des événements psychiques », in Résultats, idées, problèmes, t.1, PUF, 1984 p. 135.). Le monde est autrement perçu. Il est halluciné différemment. . « … FREUD S., 1911, « Formulation sur les deux principes du fonctionnement psychique », Résultats, idées, problèmes, t.1, PUF, 1984, p. 136. Anzieu évoque ce Moi passoire, avec de désordre entre les limites extérieures et intérieures, menant a la confusion et l’angoisse par un manque de contenance des fonctions psychiques en lien avec la notion d’attachement. J’évoque l’addiction à l’alcool mais c’est la même chose pour les addictions en général, dont l’addiction aux personnes, le trouble de l’attachement et la dépendance affective.

Comment s’attacher, se détacher, quand il n’y a pas de limites? « Je n’existe pas… »…j’ex-iste, je suis hors de…Cet état hors de soi est d’une angoisse extrême, comme peuvent l’évoquer les personnes qui ont vécus des états « hors » de soi dans des bad trip. Ne pas pouvoir revenir en soi relève du trauma. Un mécanisme d’angoisse post traumatique s’en était suivie.

Chacun sa route, chacun son chemin dirais-je. Chacun est propriétaire de son home Sweet Home. Mettez vos limites entre ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas. Ne vous laissez pas mettre hors de vous. Par les substances, les situations ou par les autres. Cela signifie que vous devez vous protéger de et dans vos limites. Il y a des signes : La colère, souvent déchargée par des pétages de plombs, le frigo ouvert en dehors des heures de repas et votre horaire de travail, si souvent extensible aussi. Oui vous pouvez dire « non ». Dire non aux autres, dire non à vous même. Non c’est vous respecter. Et ne pas vous perdre dans le néant….Vous l’avez compris l’autre ne sait pas ou ne veut pas poser des limites ? Oui vous pouvez le faire pour vous-même. Restez à votre place ! ( non vous n’êtes pas le parent de votre parent ni la mère de votre mari) Votre corps!!! Votre fatigue, repoussée , votre sexualité, pénétrée par effraction. emprise-peur-solitude Votre chez vous souvent squatté. Du père entrant dans la salle de bain de sa fille ado, de l’ex qui ne veut pas partir de chez vous, de la belle fille qui veut vous mettre à la porte, etc etc.

Cela vous évitera une décompensation psychotique ainsi que de prendre rendez-vous auprès d’un psy en urgence. Savez-vous qu’une grande majorité de personnes qui consulte le fait justement à cause de cet autre qui va venir faire intrusion dans votre espace? Protégez votre home Sweet Home c’est en prendre soi.

Et l’entourage ?

L’entourage souffre, évidement. Entre la colère, la honte, le déni, les personnes propres de la personne addict vivent au rythme de l’addiction. peur abandon parents souciLes enfants sont les premières victimes des grandes addictions de leurs parents. Ils vont souvent se mettre en situation de parentage pour aider le parent à sortir de cette spirale infernale. Ce sont des situations compliquées pour l’enfant qui n’est plus à sa place. Des comportements régressifs comme de l’énurésie, ou de défense comme l’isolement ou l’isolation de ses affects et encore de décharge comme de la violence, du mépris ou de la culpabilité sont courants. L’enfant souffre mais ne peut pas en parler. Il se fait remarquer par de l’échec scolaire.  Il souffre en silence sans pouvoir ni partir ni rester. Un travail thérapeutique peut s’envisager avec ces enfants pour leur redonner une place d’enfant et mettre des mots sur ce parent « malade ». L’aider à retrouver la confiance en lui que le parent défaillant n’est plus capable de lui apporter.

Peur de prendre du poids ? Pas toujours…

anorexie boulimie hyperphagieIl

y a aussi la peur de maigrir, ou plus précisément la peur de peur de mourir en perdant du poids. Derrière la balance se cache des obsessions ou phobies. C’est plus ou moins conscient. Parfois carrément inconscient. C’est en tout cas la raison qui explique les difficultés à perdre des kilos. En psychanalyse et en psychothérapie, travailler sur le bénéfice secondaire est essentiel. Que se cache t’il derrière cette carapace de graisse ? Parfois se protéger d’un abus sexuel dans l’enfance et de la peur de plaire et d’être désirée, parfois un trauma lié à un décès et un besoin d’avoir un corps robuste, parfois des mots d’un parent qui répétait « mange sinon tu vas être malade ». Les raisons sont diverses derrière la peur de perdre du poids. Peur de la castration évidemment car derrière chaque psychonévrose se cache l’angoisse de la castration. Des mécanismes de défenses puissants se mettent en place.

conduite alimentaire problèmesLa solution n’est certes pas dans le frigo et il est essentiel de travailler d’abord sur ces bénéfices secondaires avant de s’attaquer vraiment à la perte de poids, impossible… La psychanalyse permet de donner sens à l’hyperphagie, la boulimie et à l’anorexie en explorant les conduites.